Événement : The Clap Back – Happy to be Nappy ? (de)Constructing Black Hair

Salutations ! Aujourd’hui je tenais à vous présenter les événements Clap-Back, auxquels j’ai participé à deux reprises ce mois-ci et qui ne m’ont certainement pas laissé indifférent. Organisés par Nene Myriam Konaté une médiatrice  incroyablement intelligente, les claps- back sont des petites sessions de discussion autour d’un thé (ou d’un café), pendant lesquels nous donnons nos impressions ou débattons sur un sujet donné. Le premier était un retour sur l’année 2015 et le thème du second était « Happy to be Nappy ? », une discussion sur les cheveux des noirs et comment ceux qui les laissent pousser naturellement vivent leurs expériences.

Greetings ! Today I wanted to present you the Clap-back, events that happened twice this month and that certainly did not leave me indifferent. Organized by Nene Myriam Konaté an incredibly smart mediator, the Clap-back are discussion sessions around a tea or a coffee, during which we give our impressions or debate on a given topic. The first was about 2015’s life lessons and the theme of the second was « Happy to be Nappy? » a conversation about black people hair and how those who let them grow naturally live their journey.

 

 

La première édition m’avait vraiment stimulé, m’a permit d’avoir eu un regard sur mon année 2015 et m’a même inspiré pour mon dernier article spiritualité. Mais c’est la deuxième session qui m’a particulièrement touché et m’a emmené à écrire cet article.

Je vous encourage fortement à vous rendre aux prochaines éditions car ces discussions sont vraiment enrichissantes, mais vous faire un résumé de l’évènement n’est pas mon but ici, je vous laisse la surprise. Si j’ai décidé d’écrire cet article c’est parce qu’au cours de la discussion, beaucoup de points de vue sont ressortis par rapport à l’expérience de laisser pousser ses cheveux naturellement et m’ont fait beaucoup réfléchir :

– Le regard des autres face à une texture de cheveux « atypique »

– La libération que peut représenter le fait de « go nappy »

– Le manque de représentation dans les médias et le manque de références parmi les célébrités

– Comment laisser pousser ses cheveux pouvait devenir une épreuve pour les noirs, à cause du regard des autres ou encore comment on pouvait faire face à de la discrimination et du racisme conscient ou inconscient.

 

The first edition was really stimulating, it allowed me to have a look on 2015 and it even inspired me for my last spirituality article. But it’s the second session that particularly touched me and took me to write this article.

I strongly encourage you to go to the next editions because these discussions are really rewarding, but giving a summary of the event is not my purpose here, I let you enjoy the surprise. I decided to write this article because during the discussion a lot of views emerged about the experience of letting hair grow naturally that made me think a lot:

– People’s perception on an « atypical » hair texture

– The liberation that can represent the fact to « go nappy »

– The lack of representation in the media and the lack of reference among the celebrities 

– How letting our hair grow could become a trial for black people because of other people’s judgement or how we might deal with discrimination and conscious or unconscious racism.

 

Bref beaucoup de pistes de conversations et vous vous doutez qu’étant Henri-Abraham Soumah j’avais beaucoup de choses à dire. Seulement nous étions beaucoup de personnes, avec des opinions toutes autant importantes les unes que les autres et nous n’avions que 3h. J’en suis donc ressorti avec certes de la joie car j’ai passé un super moment et la bonne énergie était au rdv. Mais ensuite un gros sentiment de frustration a suivi car je n’ai pas pu exprimer tout ce que j’avais à dire et pour être honnête avec vous j’étais en larmes et indigné pour ces deux raisons :

– « Pourquoi être Nappy devrait me rendre Happy ? »

– « Pourquoi en 2016 les noirs doivent encore se retrouver entre eux pour quelque part se sentir en sécurité et compris parce qu’ils laissent leurs cheveux pousser naturellement ? »

Sérieusement ?! On en est encore là ?!

Alors après avoir cogité sur le sujet pendant mon week-end, j’ai décidé d’écrire mon point de vue sous forme de lettre adressée aux participants de la soirée mais aussi à tous les noirs qui peuvent se sentir visés :

 

Basically a lot of topics and you can imagine that being Henri-Abraham Soumah I had many things to say, but we were a lot of people with opinions that were all important and we only had 3h. I certainly left the event with joy because I had a great time and there was good energy. But then a big frustration followed because I could not express everything I had to say and to be honest with you I was in tears and upset for these two reasons : 

– « Why being Nappy should make me happy? » 

– « Why in 2016 black people still have to have meetings to somehow feel safe and understood for letting their hair grow naturally? ».

Seriously ?!  We’re still at that level ?!

So after thinking on the subject during my weekend, I’ve decided to write my point of view as a letter addressed to not just the participants of the event but to all black people who may feel concerned :

 

« À vous tous mes frères et soeurs, je suis aujourd’hui triste de voir qu’en 2016, après tous nos combats, nos sacrifices et nos souffrances, les choses peinent encore à changer. Certes vous me direz que les choses ont changé, car on ne se fait plus fouetter, on peut voter, on peut marcher dans la rue sans se faire insulter, mais peut-on vraiment se réjouir ? Personnellement je suis encore indigné, oui indigné de savoir qu’en 2016, en tant que noir laisser pousser mes cheveux naturellement soit sujet à controverse. Car au final ce ne sont que des cheveux n’est ce pas ? Ce ne sont que des poils qui poussent sur notre tête, ce ne sont qu’un accessoire que l’on peut modifier à notre guise pour pouvoir changer notre apparence. C’est ca, ce n’est qu’une partie de notre apparence. Et pourtant notre apparence, notre couleur ou nos cheveux vont encore définir tout notre être, nos chances et notre bien-être.

Le fait que nous décidions que nos cheveux soient naturels, défrisés, tressés, weavés, perruqués, rasés, longs ou courts va définir si nous sommes des « noirs acceptables ». Acceptables par certains qui vont nous applaudir quand nous allons être naturel, acceptables par d’autres qui vont nous préférer quand nous nous rapprochons de l’idéal de beauté occidental. Mais quand est ce que nous allons juste être accepté? Quand est ce que qu’un simple changement capillaire va arrêter de représenter toute une pression sur nos épaules ? Quand est ce que la texture ou la couleur de mes cheveux va arrêter de définir ma personnalité ? Quand est ce que nous allons arrêté d’être vus seulement comme « des noirs » , alors que nous devrions être vus comme des êtres humains? Ce moment pour moi est maintenant.

Car pendant cette discussion, je fus sincèrement touché au point que je n’arrivais même pas à exprimer correctement mon point de vue. J’ai eu mal, mal de voir mes frères et mes sœurs s’exprimer sur le fait que leurs cheveux les rendaient certes heureux mais représentaient également un challenge. Mal d’entendre que certains se faisaient juger par d’autres noirs qui considéraient qu’avoir des cheveux crépus étaient moches. Mal de savoir que les gens vont avoir le désir de toucher nos cheveux comme si nous étions des bêtes de foire. Mal d’entendre que certains avaient vue leur carrière professionnelle être menacée à cause de leurs cheveux. Mal qu’on me dise que certains avaient besoin de voir que quelqu’un d’autre avait des cheveux naturels pour se sentir rassurés. Mal de voir qu’encore et toujours notre apparence pouvait être un fardeau, quand au final ce n’est qu’une apparence.

Et oui je trouve que cette initiative est nécessaire, oui je trouve magnifique et j’aime nous voir nous soutenir dans notre combat, mais nous ne devrions pas avoir de combat ! Nous ne devrions pas avoir des réunions pour se sentir en sécurité sur nos cheveux. Nous devrions juste être libre d’être nous même, sans avoir à se soucier des enjeux que peuvent représenter notre apparence. Juste être heureux avec les même chances et les même opportunités que n’importe quel autre être humain.

J’ai eu un moment de frustration, un moment de fatigue, un moment d’abandon, car je suis fatigué de me battre et de m’indigner pour une persécution qui dure depuis le début des temps. Mais ai-je le choix au final? Non. La réalité veut que nous vivons dans une société qui n’est pas faite pour nous, une société qui ne veut pas que nous soyons heureux, une société qui va s’enrichir en nous créant des besoins, des complexes et des insécurités que nous allons compenser dans la consommation. Mais la réalité veut aussi que quoi qu’il arrive nous vivons dans ce monde et nous avons donc pour responsabilité de changer ce monde pour nous et pour les générations futures.

Il est donc temps de se révolter ! Il est temps d’arrêter d’être les victimes, d’arrêter de s’indigner et d’arrêter d’accepter d’être des esclaves. Il est temps d’agir !

Tout ça commence par s’accepter et être heureux avec nous même, ne plus se définir par notre apparence, nos cheveux, nos habits, nos voitures, nos métiers, notre argent ou tout ce qui représente du matériel, car ça ne nous rendra JAMAIS heureux. Nous devons nous séparer de notre égo et nous définir par notre beauté intérieure, notre spiritualité et notre foi en nous même. C’est en faisant ce premier pas que nous allons premièrement être libre et ensuite aider notre prochain à trouver sa propre paix intérieure. C’est ainsi que nous allons pouvoir ouvrir les yeux sur à quel point cette société se joue de nous, que nous allons réaliser notre force et réaliser que nous avons le pouvoir de détruire le système établi pour recréer un système juste pour chacun d’entre nous où chacun s’aime et se supporte.

C’est une utopie vous allez me dire, mais j’ai la foi. Pour commencer j’ai foi en moi, j’ai foi en le fait que je peux changer le monde juste avec ma détermination. J’ai foi en le fait que je peux inspirer mes pairs à faire de même, car si je peux le faire, vous pouvez le faire aussi. Et encore une fois je n’ai pas le choix, car je refuse de vivre dans un monde où mes enfants seront pénaliser à cause de leurs  cheveux ou au final à cause de leur couleur de peau.

C’est pourquoi j’ai décidé de me battre pour avoir ma propre paix intérieure et maintenant que je l’ai trouvé, je veux être un exemple, un leader qui peut changer le monde grâce à sa parole, sa volonté, son empathie et son amour, car c’est la plus grande arme contre la haine crée par cette société, cet amour qui écrasera la peur. Aujourd’hui je prend la décision d’être heureux, je prends la décision de ne plus laisser mes peurs me contrôler, la décision de ne plus laisser mon apparence ou du matériel me définir. Je prends la décision de m’aimer et de partager mon amour avec le monde.

Je vous encourage donc à vous réveiller, à vous révolter, à apprendre à vous aimer et à aimer votre prochain, car c’est ainsi que nous allons gagner. Sachez que chacun d’entre vous est magnifique, vous êtes tous faits d’amour et le bonheur qui vous attend au bout de notre combat est sans fin.

Merci de m’avoir lu, réveillons nous et gardons la force car la lumière arrive. Je vous aime. »

 

 « To all my brothers and sisters, today I am sad to see that in 2016, after all our battles, our sacrifices and our sufferings, things are still struggling to change. Indeed we can say that a lot has changed, we are not getting whipped anymore, we can vote, we can walk down the street without being insulted, but can we really rejoice? Personally I am still shocked, yes shocked to know that in 2016, as a black man, letting my hair grow naturally is controversial. Because ultimately it is only hair right ? It is just bristles growing on our head, it is only an accessory that can be changed when we want to change our appearance. That’s it, it is only a part of our appearance. And yet our appearance, our skin color or our hair will still define our whole being, our opportunities and our well-being.

The fact that we decide to wear our hair natural, relaxed, braided, weaved, wigged, shaved, long or short will define if we are « acceptable black. » Acceptable by some who will applaud us when we will be natural or acceptable by others who will prefer us when we get closer to the ideal of Western beauty. But when are we just going to be accepted? When will a simple capillary change stop representing a pressure on our shoulders? When will the texture or the color of my hair stop defining my personality? When will we stop being seen only as « black » when we should be seen as human beings? Well for me this time is now.

Because during this discussion, I was sincerely touched to the point I could not even properly express my views. I was hurt, hurt to see my brothers and sisters expressing themselves on the fact that their hair certainly made them happy but also represented a challenge. Hurt to hear that some were being judged by other blacks who considered that having frizzy hair was ugly. Hurt to know that people have the desire to touch our hair as if we were some kind of freaks. Hurt to hear that some had seen their careers threatened because of their hair. Hurt to see that some needed to see that someone else had their natural hair to feel reassured. Hurt because again and again our appearance can be our burden, when at the end of the day it is only an appearance.

And yes I think this initiative is necessary, yes I find it beautiful and I love to see us supporting each other in our fight, but we should not have to fight ! We should not have meetings to feel safe about our hair. We should just be free to be ourselves, without having to worry about issues that our appearance may represent. We should just be happy with the same chances and the same opportunities as any other human being.

I had a moment of frustration, a moment of fatigue, a moment where I wanted to give up, because I am tired of fighting and being upset about a persecution that lasted since the beginning of time. But do I have the choice at the end? No. The reality is that we live in a society that is not made for us, a society that does not want us to be happy, a society that will make money by creating needs, complexes and insecurities that result in us spending money. But the reality is also that no matter what we are living in this world and therefore we have the responsibility to change this world for us and for the future generation.

It is time to revolt ! Stop being victims, stop being upset, stop accepting that we are slaves. It is time to act !

All this begins by accepting and being happy with ourselves, not being defined by our appearance, our hair, our clothes, our cars, our work, our money or anything material because it will NEVER make us  happy. We must separate ourselves from our ego and define ourselves by our inner beauty, our spirituality and our faith in ourselves. It is by this first step that we will begin to be free and then be able to help our neighbor to find his own inner peace. Thus we can open our eyes on how this society is playing us, we will realize our strength and realize that we have the power to destroy the established system to re-create a fair system for all, based on love and support.

It is an utopia you might say, but I have faith. To start I have faith in me, I have faith in the fact that I can change the world just with my determination, I have faith in the fact that I can inspire my peers to do the same, because if I can do it, you can do it too. And I don’t have the choice, because I refuse to live in a world where my children will be penalized because of their hair or ultimately their skin color.

That’s why I decided to fight for my inner peace and now that I found it, I want to be an example, a leader who can change the world with his words, his will, his empathy and his love because it is the greatest weapon against the hatred created by this society, this love that will crush fear. Today I’m taking the decision to be happy, I’m deciding that my fears will not control me, I’m deciding to not let my appearance or the material define me. I’m deciding to love myself and to share my love with the world.

 I encourage you to wake up, to rebel, to learn to love yourself and to love your neighbor, cause that is how we gon win. Know that each of you is beautiful, you’re all made of love and the happiness that awaits you at the end of our fight is endless.

Thank you for reading me, let’s wake up and stay strong because the light is coming. I love you. »

 

IMG_0356

« My Hair is my air

Air represent change

So I use my hair to change my appearance

But my appearance should not be the reason why I can’t breathe.

Only my soul can make me fly in the air

Therefore know that I am not my hair. »

H.A.S  👑

 

Un énorme merci à Nene pour cet événement rafraîchissant et nécessaire. La prochaine édition aura-lieu  le 27 février au Kafein café et le sujet sera l’amour chez les gens de couleur.

A huge thank you to Nene for this refreshing and necessary event. The next edition will be on February 27th at Kafein coffee and the subject will be love expression for people of color.

 

Crédit photo : Christelle Saint-Julien

Lieu : Cafe Aunja

 

Retrouvez tous les visuels du blog et d’autres exclusivités sur mon instagram de direction artistique @High.As.Sun et mes aventures ici @Henriabrahamsoumah

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